Si vous êtes un lecteur assidu de mon blog (oui, oui !), vous savez qu’il y a quelques semaines j’ai subi une opération pour corriger mon strabisme divergent à l’oeil gauche. D’ailleurs, je vous invite à lire mon précédent article dans lequel je partage un bout intime de ma vie avec le strabisme. J’y dévoile ce qui m’a justement poussé vers cette opération.

Avant l’opération du strabisme

Premier rendez-vous pour un bilan orthoptique

Début septembre, j’ai consulté un orthoptiste pour un bilan. La séance a duré deux bonnes heures. Au cours de ce bilan, on cherche à étudier le mouvement de l’oeil par une batterie de tests. Par exemple, on m’a demandé de suivre un objet avec les yeux dans différentes directions, de fixer un point lumineux qui se rapprochait peu à peu des yeux, de dire si je voyais double parfois etc.

Il est important de se concentrer lors de ces exercices parce que ce sont les résultats du bilan orthoptique qui vont servir de base de travail au chirurgien ! Je ne vais vous cacher qu’à l’issue de ces examens, j’étais E-PUI-SEE.

Deuxième rdv avec l’anesthésiste

Mi-septembre, j’ai rencontré l’équipe d’anesthésie qui m’a expliqué que la chirurgie du strabisme se faisait au bloc opératoire sous anesthésie générale. Raison pour laquelle on nous pose tout un tas de questions concernant :

  • vos précédentes opérations sous anesthésie générale
  • vos traitements en cours
  • vos éventuels problèmes sanguins (transfusion, phlébite etc.)
  • votre condition physique (taille/poids) et hygiène de vie (alcool, cigarettes etc.)

Soyez le plus honnête possible car, comme toute opération, il y a toujours un risque donc mieux vaut l’évaluer correctement.

Troisième rdv avec ma chirurgienne

C’est donc surement pour ça que j’attendais ce rendez-vous avec impatience car j’avais énormément de questions à lui poser. Je l’ai tellement bom-bar-dée, si vous saviez… J’avais besoin d’être rassurée sur l’intervention en elle-même, sur les bénéfices/risques, sur la période de cicatrisation, sur la pérennité de cette intervention etc

J’ai bien conscience que ce que je vais dire est paradoxal. Elle a certes répondu à toutes mes questions mais je ne l’ai pas trouvée très à l’écoute, des réponses assez expéditives, je dirai. D’un côté, elle, très straight to the point parce que c’est son métier et qu’elle ne fait que ça ; d’un autre, moi, légèrement fébrile, pas très sereine. Mais j’étais déterminée à passer au bloc !

Pendant l’hospitalisation

Les étapes-clé de mon séjour

  • 9h30 : arrivée à l’hôpital accompagnée de ma mère
  • 10h30 : départ de ma chambre individuelle direction le bloc opératoire. Avant ça, je passe entre les mains de l’équipe pour la perfusion
  • 11h : arrivée en salle d’opération. Toute l’équipe est là (infirmière, anesthésiste, chirurgien etc.). On vérifie mon identité et on me fait inhaler un produit anesthésique pour m’endormir.
  • 12h à 13h : salle de réveil où on surveille les constantes (tension, saturation etc.)
  • 14h : de retour dans ma chambre

C’est une fois remontée dans ma chambre que je me rends compte qu’on ne m’a pas seulement opéré l’œil gauche mais les 2 ! Ce n’était pas tout-à-fait une surprise, à vrai dire. C’était une éventualité dont m’avait parlé la chirurgienne. Quoi qu’il en soit, j’avais deux cache-œil transparents sur le visage !

Après l’intervention : retour chez soi et traitements post-opératoires (photos)

Avant de rentrer chez vous, on vérifie une dernière fois vos constantes (tension, entre autres) et on vous donne une pochette de sortie qui contient entre autres :

  • le compte-rendu opératoire
  • la prescription médicale pour le traitement
  • l’arrêt de travail (minimum 1 semaine d’arrêt)
  • les do’s and dont’s
Vous devez obligatoirement être accompagné par un proche pour la sortie (à cause de l’anesthésie). D’ailleurs, on nous recommande même de ne pas être seule la première nuit suivant l’opération

J’ai quitté l’hôpital en taxi, avec les cache-œil sur les deux yeux et accompagnée de ma mère. Arrivées à la maison vers 18h30, douche rapide, pyjama et au lit. Aaaaah ne blaguez pas avec l’anesthésie ! Je crois avoir dormi de 19h à 8h le lendemain. J’étais KO.

Les vraies choses ont réellement commencé le lendemain avec le début du traitement :

  • Collyres (gouttes) : à instiller 3 fois par jour pendant 3 semaines
  • Pommade : à appliquer 1 fois par jour pendant 1 semaine des yeux tous les soirs avant le coucher au niveau de la paupière inférieure
  • Cache-oeil : à mettre tous les soirs pendant 1 semaine pour dormir ou siester.

Il faut que vous sachiez 3 choses :

  • Au réveil, mes yeux étaient plein de sécrétions donc il a d’abord fallu les nettoyer méticuleusement avec compresses stériles et sérum physiologique.
  • Les points de suture aux extrémités des 2 yeux m’empêchaient de les ouvrir suffisamment pour instiller les gouttes.
  • Vous ne pouvez pas vous gratter l’œil !

Autant vous dire que j’ai souffert les deux premiers jours. A chaque fois qu’arrivait le moment des gouttes et de la pommade, j’étais stressée et angoissée. L’espace de quelques secondes, je me suis dit « Mais Christelle, pourquoi t’as fait ça ? POUR-QUOI-TAS-FAIT CA ? » Mais Dieu est bon ! Plus les jours passaient, mieux allaient mes yeux et donc mieux j’appréhendais ces moments. À l’heure où j’écris cet article, je ne suis plus sous traitement. Je n’ai plus qu’à laisser le temps à mes yeux de s’en remettre naturellement, je dirai.

Évolution de mes yeux après l’opération

Voici l’évolution de mes yeux, 2 mois et demi après l’intervention. Comme vous pouvez le voir sur les photos, l’aspect de mes yeux a beaucoup évolué au fil des semaines.

Comment savoir si mon opération du strabisme a réussi ?

Les premiers jours après l’opération, j’ai forcément eu des moments de doute. Entre les yeux très rouges, les douleurs et l’aspect de mes yeux, il m’était difficile de savoir à quoi allait ressembler le résultat final. D’autant plus qu’avec la cicatrisation en cours, je ne pouvais pas bouger les yeux comme je le voulais.

Ensuite, lorsque les fils sont enfin tombés, j’ai pu regarder en haut, en bas, à gauche et à droite. Pendant quelques jours, j’ai eu le sentiment qu’en fonction de la manière dont je regardais (notamment vers le bas en baissant la tête), qu’un de mes yeux divergeait encore.

Finalement, j’ai dû attendre un bon mois avant d’avoir une meilleure idée du résultat final.

Quel résultat plusieurs mois après l’opération ?

Je suis soulagée et pleinement satisfaite du résultat. J’ignore si ça m’a changée fondamentalement. A vrai dire, je ne le crois pas. Néanmoins, je pense avoir encore gagné en assurance notamment lorsque je m’adresse aux gens. Je n’ai jamais autant soutenu un regard depuis ce jour.

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