Avant de vous parler de mon parcours vers l’opération, je tenais d’abord à vous raconter mon histoire de vie avec le strabisme. Pourquoi ? Parce que d’une part, je suis enfin prête à aborder ce sujet qui me touche profondément ; parce que d’autre part, je n’ai pas trouvé sur internet toutes les informations que je recherchais. J’ai donc espoir que cette série d’articles aidera celui qui en aura besoin dans sa prise de décision.

Il est important de préciser ces quelques points avant d’aller plus loin

  • J’ai une acuité visuelle de 10 aux deux yeux
  • Je suis légèrement myope d’où le port de lunettes
  • Je ne souffre d’aucun trouble neurologique
Sommaire

Qu’est-ce qu’un strabisme ?

Le strabisme est un défaut d’alignement des yeux : les deux axes visuels ne pointent pas dans la même direction. Il existe différents types de strabisme selon le sens de la déviation :

  • Le strabisme convergent (ésotropie): l’œil dévie vers l’intérieur. C’est le cas le plus fréquent. D’ailleurs, vous pouvez souvent le constater chez les enfants.
  • Le strabisme divergent (exotropie) : l’œil dévie vers l’extérieur (mon cas depuis mes 4 ans)
  • Le strabisme vertical, plus rare : l’œil dévie vers le haut ou le bas.

Chez l’enfant, le cerveau ignore l’image renvoyée par l’œil déviant pour conserver uniquement celle de l’œil qui fonctionne bien. Si aucune prise en charge n’est faite, l’œil non sollicité peut perdre en acuité visuelle avec le temps. On parle alors d’amblyopie.

Chez l’adulte, en revanche, le cerveau ne parvient plus à faire ce tri. Ça finit par se traduire par une vision double (diplopie). Pour ma part, mon strabisme n’a pas affecté ma vue.

Enfance et adolescence avec un strabisme divergent

Depuis mes 4 ans, je souffre d’un strabisme divergent de l’œil gauche. En gros, j’ai l’œil gauche qui part vers l’extérieur. Ce strabisme se manifestait de manière très ponctuelle pendant des années. Grâce à de multiples séances d’orthoptie pendant mon enfance et début d’adolescence, le strabisme a été plus ou moins maîtrisé.

Malheureusement, il s’est accentué en grandissant certes, mais aussi à cause de ma négligence. L’orthoptiste m’avait pourtant recommandé de faire certains exercices à la maison pour stimuler l’œil paresseux. Autant vous dire que j’ai dû le faire pendant quelques jours et puis… plus rien.

Naturellement, le handicap est devenu plus que visible à une période où les adolescents sont sans pitié avec la différence. Bizarrement, je n’ai pas souvenir d’avoir reçu moqueries sur moqueries. Peut-être ai-je dû me manger quelques « bigleuse », « avec ton œil qui regarde à l’est et l’autre à l’ouest ». Oui, c’est fort possible.

Toutefois, j’ai plutôt bien vécu cette cohabitation avec le strabisme parce que je savais au fond de moi qu’il ne me caractérisait pas. Je savais déjà qui j’étais, ce que je valais et rien n’allait m’ébranler.

Période adulte : entre résignation et espoir

Ce qui semble nouveau lorsqu’on est jeune devient plus courant à l’âge adulte. Ma famille et mes amis se sont habitués à ce regard différent. De mon spectre, je ne voyais pas ce qu’eux voyaient. Je ne contrôlais pas cet œil qui s’échappait tout seul. Ca ne me dérangeait donc pas nécessairement. Tout du moins au début…

Oui au début… avant l’avénement des réseaux sociaux et notamment Instagram. Oui, c’est so cliché mais c’est so vrai. L’image a pris une telle dimension, une telle importance dans nos vies que c’en est devenu anxiogène.

Pourtant, j’ai toujours aimé les photos et vidéos. Je ne les ai jamais fuies. Toutefois, ce qui a fini par me toucher intimement, c’est l’image que me renvoyait ces captures. J’ai commencé par m’agacer en voyant mon œil gauche faire cavalier seul ; je trouvais même qu’il gâchait certaines photos etc. J’étais abattue puis résignée.

Le temps a passé et je me suis finalement dit « je ne peux pas continuer à vivre comme ça, punaise ! » J’ai fait des recherches pour savoir s’il existait une opération pour corriger cette déviation de mon œil. Oui, il en existe bien une. Paradoxalement, au lieu de me soulager, ces nouvelles infos lues ici et là m’ont effrayée et m’ont fait douter. Subir une anesthésie générale ? Couper des muscles de mon œil ? Avoir des fils dans les yeux ?

Ça a commencé à être le bordel dans ma tête. Je me suis dit « Christelle, es-tu prête ? Est-ce que ça vaut le coup ? Ça fait 20 ans que tu cohabites avec et tu le vis bien. Vas-tu mettre ta vie en danger pour un truc purement esthétique ? » Il m’a fallu des années avant de franchir le cap. C’est maintenant chose faite depuis mon opération du 4 octobre 2021 !

Si mon parcours vous parle et que vous hésitez encore, n’hésitez pas à me contacter, j’y répondrai avec plaisir.